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Drépanocytose à Madagascar : trois décès en mai, l’inquiétude grandit

L’état d’insalubrité d’un centre de prise en charge de la drépanocytose à Antananarivo.

Une adolescente atteinte de drépanocytose est récemment décédée alors que son père tentait de la transférer vers le Centre hospitalier universitaire Joseph Ravoahangy Andrianavalona (HJRA), à Antananarivo. Le centre de santé de proximité qui la suivait n’était plus en mesure de prendre en charge ses complications. Ce drame résume à lui seul les obstacles d’accès aux soins qui pèsent sur les malades à Madagascar.

Des décès bien plus nombreux que les chiffres connus

L’Association de Lutte Contre la Drépanocytose à Madagascar (LCDM) a recensé trois décès au seul mois de mai, et dans une seule de ses antennes. Or ces cas ne reflètent qu’une partie de la réalité : faute de suivi centralisé, et parce que certaines familles ne déclarent pas toujours le décès d’un proche, de nombreuses morts ne sont jamais comptabilisées.

Pour Pascale Tuseo Jeannot, présidente fondatrice de la LCDM, la cause est claire : depuis que le manque de financements affecte les activités de l’association, à partir de 2019, les pertes humaines se sont multipliées. Privés de suivi régulier, les malades chroniques ne parviennent plus à suivre correctement leurs traitements et se soignent comme ils le peuvent.

Des dépistages aux résultats alarmants

Les dernières opérations de dépistage renforcent l’inquiétude. À Toamasina, huit personnes sur neuf testées lors d’une campagne ciblée la semaine dernière ont été diagnostiquées. À Antananarivo, la LCDM suit déjà plus de 649 patients homozygotes, c’est-à-dire atteints de la forme la plus sévère de la maladie. Entre 2023 et 2024, certains dépistages ciblés ont même révélé jusqu’à 18 % de personnes atteintes au sein de groupes de cent individus examinés dans certaines régions.

Un plan national à l’arrêt

Malgré son statut de priorité nationale depuis 2008, la drépanocytose reste insuffisamment prise en charge. Les dernières campagnes de dépistage de masse remontent à 2020. Depuis, aucun programme d’envergure n’a pu être relancé, faute de financements et en raison de l’application incomplète du plan stratégique national dédié à la maladie.

L’appel de la LCDM

Face à cette situation, la LCDM appelle les pouvoirs publics à une mobilisation urgente. L’association réclame la relance du dépistage à grande échelle, le renforcement des structures de soins de proximité et un meilleur accès aux médicaments. À quelques jours de la Journée mondiale de lutte contre la drépanocytose, le 19 juin, l’urgence n’a jamais été aussi forte.

D’après un reportage de Free Dom (freedom.fr), 12 juin 2026. Lire l’article original sur freedom.fr »

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